Les passeurs du réel

En 2019, sera organisée pour la première fois une journée de rencontres autour du journalisme vivant. Le Quai 22, centre bouillonnant de la culture universitaire namuroise s’animera d’ateliers, de témoignages, de rencontres, d’expositions, et de projections. Le but principal de cette journée sera, au travers de ces échanges, de sensibiliser le public jeune à l’importance d’une information engagée, créative et de qualité.

Dans le monde actuel, dans lequel les réseaux sociaux sont infestés de «fake news» qui vont jusqu’à compromettre nos démocraties, les tirages des journaux s’érodent chaque jour et beaucoup de jeunes s’éloignent des médias. Manipulations, approximations, etc. on le sait, la presse a ces temps-ci parfois une mauvaise image. On lui reproche parfois de ne plus jouer son rôle de quatrième pouvoir.

Or, il nous paraît primordial d'être informés sur les réalités du monde, au travers de témoignages crédibles, de première main. Nous voulons mettre à l’honneur et faire découvrir aux jeunes les travaux de ces « Passeurs du Réel » : journalistes, réalisateurs, photographes...

Nos critères de sélection des intervenants sont le caractère pertinent, si possible inédit, porteur de débat dans le thème développé. Leurs travaux peuvent avoir été réalisés tant en Belgique qu’à l’étranger.

Note : le « journalisme vivant » ou live journalism, repose sur le contact direct et l’oralité, voire la performance : des journalistes montent sur scène, racontent leur travail, décrivent leur relation à leurs sujets. C’est une façon de renouer le lien avec les lecteurs, de provoquer des rencontres, de miser sur le contact humain à l’heure de l’industrialisation des contenus. Les « journaux live » Pop-Up Magazine, aux Etats-Unis, ou Live Magazine, en France, en sont les illustrations les plus notables (Le Monde)
Photo Olivier Papegnies
© Olivier Papegnies

DES TEMOIGNAGES ET CONFERENCES

Des acteurs de terrain, journalistes, photojournalistes ou réalisateurs viendront témoigner de leurs travaux, de leurs expériences, avec un focus particulier sur un thème de leur choix. Un animateur les accompagnera sur la scène de la salle de cinéma du Quai 22, et assureront la présentation de l’intervenant. Celui-ci prendra la parole pendant une demi-heure. Des images seront projetées simultanément sur 6grand écran, en arrière-plan des orateurs. Après la présentation, 20 minutes environ seront accordées à un temps d’échanges et de questions/réponses avec le public.

Photo Régis Defurnaux
© Régis Defurnaux

UNE EXPOSITION : "FAKE YOU"

En marge des conférences/débats, dans la salle d'exposition du Quai 22, les étudiants de l'option image réelle de la HEAJ proposent une exposition sur le thème des “fake news”. Cette exposition sera accessible du 24 au 29 mars, afin que les écoles secondaires de la région puissent y accéder. Inventive mais également pédagogique, cette exposition mettra en lumière de manière ludique les fake news d’aujourd'hui et les mensonges de l’Histoire (rumeurs, manipulations).

Photo François Struzik
© François Struzik

DES ATELIERS

Durant la journée, plusieurs ateliers seront mis en place pour les plus jeunes. Pour cela, nous profiterons de la salle “Le nom de la rose”.

Enfants de 5 à 10 ans

Des étudiant(e)s en pédagogie de la Haute Ecole Albert Jacquard proposeront des ateliers.

Pour les 10-16 ans

L’ASBL Action Média Jeunes proposera 3 ateliers d’une durée de 2 heures répartis sur la journée.

L’atelier de création « Fake News » propose aux jeunes de décrypter et comprendre ce qui se cache derrière ces fausses informations en adoptant la posture de créateur/producteur. Après la création vient la réflexion à propos des causes qui expliquent le phénomène ainsi que des solutions possibles pour lutter contre la désinformation.

PRÉSENTATION FAKE NEWS 40'

Petit jeu pour découvrir certains types de fake news et leur fonctionnement : pièges à clics, théorie du complot, propagande et satire.

ATELIER DE CRÉATION TECHNIQUE CADRÉ 50'

Division en quatre groupes. Production vidéo / sonore / photo / article. A partir d'éléments présélectionnés (titres, éléments de photos, etc.)

DÉBAT DE CLÔTURE 30'

Débat mouvant sur les causes des fake news. Débat sur les solutions possibles : par le politique, par l'école, par les journalistes / médias, par les grandes plateformes du web.

Photo Pauline Beugnies
© Pauline Beugnies

DES ESPACES D’ECHANGES

Au cours de la journée, de nombreux moments de rencontre seront prévus, notamment entre les différentes présentations. Les échanges entre le public seront vivement encouragés, dans le cadre très convivial du Quai 22. Un bar sera ouvert et des pauses repas/cafés seront prévues.

Photo Pauline Beugnie
© Pauline Beugnies

DES PROJECTIONS ARTISTIQUES

Johan Flamey, artiste namurois, proposera des projections d'images inspirées des thèmes développés durant la journée.

Programmation

09h30 →10h20

François Struzik

Adolescence : série de portraits d’adolescents, travail photographique documentaire accompagné d’entretiens.

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10h30 →11h20

Regis Defurnaux

La photographie : technique de corps, de présence, de mise en relations

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11h30 →12h20

Médor: Colin Delfosse

Histoire de Médor : magazine trimestriel belge et coopératif d'enquêtes et de récits

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12h20 →13h20

Pause de midi

13h20 →14h20

Conflit social à L’Avenir:
des mots et des actes

Cette rencontre sera l’occasion d’évoquer les actions originales entreprises dans le cadre du conflit mais aussi de décoder les enjeux qui se trament derrière ce plan d’économie, en particulier celui du maintien d’une indépendance rédactionnelle.

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14h20 →15h20

Pauline Beugnies

Moments en Égypte : jeunesse et avant-gardisme de ces mouvements populaires

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15h30 →16h20

Félicien Bogaerts

Youtube, le web... Médias alternatifs ?

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16h30 →17h00

Pause café

17h00 →17h50

Collectif HUMA

Le Collectif HUMA : une ASBL qui propose expertise et regard sur la production de reportages ou projets éditoriaux

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18h00 →18h50

Yann Castanier

Génération Identitaire : infiltration d'un groupe de jeunes d'extrême droite

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18h50 →20h30

Pause souper

20h30 →21h20

Florent Marcie

Expérience de terrains de guerre : 25 ans de parcours.

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Photo François Struzik
© François Struzik

François Struzik

portrait: <strong>François Struzik</strong>

François Struzik est photo-reporter free-lance, il travaille principalement sur le terrain pour des ONG internationales actives notamment dans la protection des enfants, le droit des femmes, l’accès à la santé, la production agricole.

Par ailleurs, il travaille sur des projets photographiques personnels au long cours : les ouvriers du chantier naval de Gdansk, les soufismes populaires dans le monde 9musulman, la Via Dolorosa à Jérusalem, être ado dans un camp à Bethlehem, le deuil au Cachemire...

Intervention

François Struzik abordera le thème de l’adolescence. L’adolescence est une période de la vie fragile, en équilibre instable mais à la fois très forte. Une période où l’on subit les violences et les injustices du monde des adultes et où l'on commence à pouvoir les nommer, les expliquer, se révolter.

Cette série de portraits d’adolescents est un travail photographique documentaire accompagné d’entretiens.

Ce travail, toujours en construction, a été réalisé lors de reportages sur les inégalités de genre sur 3 continents, sur la question de l’abandon scolaire des filles au Ghana et sur l’impact du mur de séparation dans un camp de réfugiés à Bethlehem.

Photo Régis Defurnaux
© Régis Defurnaux

Regis Defurnaux

portrait: <strong>Regis Defurnaux</strong>

Régis Defurnaux est né à Namur en 1976. Après des études d’histoire et de philosophie suivies par quelques années de recherche à l’Université, il se consacre à la photographie documentaire. Il traite différents sujets tel que la violence domestique et la fin de la transition rurale en Mongolie, la question des frontières et des identités au Kurdistan iraquien, le revivre après le tremblement de terre de 2015 au Népal ou encore la redéfinition de la féminité au Japon. Il s’intéresse aux zones de conflit et notamment aux rebelles kurdes d’Iran; l’Asie centrale restant au coeur de ses sujets avec la question de la transformation du nomadisme. Il privilégie les reportages sur le long terme multipliant les perspectives, les rencontre - le monde par lui-même.

Intervention

Dans une culture photographique dominée par la technologie, Régis Defurnaux viendra nous parler de la photographie comme une technique de corps, de présence, de mise en relation. Il expliquera comment il réalise ses reportages - notamment en Mongolie et en Irak - bien plus avec son corps, son histoire personnelle, sa culture et l’ensemble des relations qu’il crée, qu'avec un appareil photo. Au départ de quelques images, il fera remonter à la surface l’histoire de chacun de ces clichés, tout en expliquant ce qui n’est pas un métier mais une manière de vivre.

Photo Médor
© Médor

Médor: Colin Delfosse

portrait: <small>Médor:</small> <strong>Colin Delfosse</strong>

Membre co-fondateur du magazine MEDOR, Colin Delfosse est journaliste de formation. Il se tourne en 2006 vers la photographie documentaire avec une attention toute particulière pour l’Afrique centrale. Son travail est régulièrement publié dans la presse française et internationale. Pour Médor il s’occupe de l’iconographie et publie dans chaque numéro le travail d’un photographe belge ou travaillant en Belgique.

Intervention

Comment s’est lancé Médor, magazine trimestriel belge et coopératif d’enquêtes et de récits ? Quel est son mode de fonctionnement ? Quel processus de création de l’information ? Quelle place pour la photographie ? Bref, tour d’horizon d’un projet de presse organisé en coopérative qui se veut indépendant, exigeant et amusant.

Photo mannifestation l'avenir
© Le Soir

Conflit social à L’Avenir:
des mots et des actes

Depuis cinq mois, le groupe L’Avenir est secoué par un conflit social d’une rare intensité. Le 23 octobre, la direction des Editions de l’Avenir signifiait son intention de procéder à un plan de redéploiement douloureux sur le plan social car il s’accompagne de la suppression d’une cinquantaine d’emplois. Depuis cinq mois, un bras de fer oppose actionnaires, direction et personnel des Editions de l’Avenir. Bruno Malter, chef d’édition de L’Avenir Namur et Yves Raisière, responsable du service des Informations générales licencié dans le cadre de ce conflit social, proposent aux lecteurs de l’Avenir une rencontre dans le cadre du festival « Passeurs de réel », au Quai 22.

Photo Pauline Beugnie
© Pauline Beugnies

Pauline Beugnies

portrait: <strong>Pauline Beugnies</strong>

Pauline Beugnies est née à Charleroi en 1982. Elle travaille sur des projets documentaires. Pauline a étudié le journalisme à l’Ihecs (Institut des hautes études des communications sociales) à Bruxelles. Son premier reportage est consacré aux enfants des rues de Kinshasa, au Congo. Armée de son appareil photo, elle parcourt ensuite le Bangladesh, l’Albanie et la Belgique. L’humain, ce qu’il vit, ce qu’il ressent, comment il se défend, est la valeur centrale de son travail. Aujourd’hui, elle se concentre sur le monde arabe et musulman, dans l’idée d’établir des ponts, de déconstruire les stéréotypes. Elle a vécu au Caire pendant cinq ans et y a étudié l’arabe. C’est dans ce contexte qu’elle a assisté au réveil de la population dans les manifestations de 2011 en Egypte.

Intervention

A travers sa présentation, elle abordera ses moments en Egypte. Elle a suivi de près la jeunesse, à l’avant-garde de ces mouvements populaires. Elle évoquera également son parcours de la photographie à la réalisation de films. Elle parlera de son objectif principal, raconter de bonnes histoires...

Photo Olivier Papegnies
© Olivier Papegnies

Félicien Bogaerts

portrait: <strong>Félicien Bogaerts</strong>

Avec une poignée d’amis, il lance “biais vert”, une petite séquence vidéo diffusée via les réseaux sociaux”. Consacrés à la faiblesse de la politique écologique du président Macron, au climatoscepticisme criminel de Donald Trump ou encore à la pollution par le plastique, les épisodes ont rencontré un joli succès, certains atteignant les 477.000 vues.

Photo Olivier Papegnies
© Olivier Papegnies

Collectif HUMA

portrait: <strong>Collectif HUMA</strong>

HUMA est une ASBL créée en 2011. Elle réalise régulièrement des reportages humanitaires dont les grands thèmes sont l’insertion sociale, l’aide humanitaire, l’éducation et les publics fragilisés. Les photographes du collectif HUMA dénonce les injustices et les difficultés de notre société.

Les membres du collectif HUMA proposent une expertise de regards dans la production de reportages et de projets éditoriaux.

Intervention

Par l’exemple, Huma viendra exposer son projet : réaliser des reportages photo qui dénoncent tout en captant les ressorts de la résilience sociale ou individuelle. Au travers de ses objectifs, le collectif traque la joie et le bonheur là où ils surgissent, parfois de façon inattendue, parce qu’ils sont persuadés que notre monde a besoin d'optimisme pour devenir meilleur. En suivant des filles qui font du foot ? Oui, notamment.

Photo Yann Castanier
© Yann Castanier

Yann Castanier

portrait: <strong>Yann Castanier</strong>

Yann Castanier est né à Sète en 1986. Il vit à Paris.

Photographe et rédacteur, il est membre du studio Hans Lucas. Il poursuit deux obsessions au travers de son travail de photoreporter : les mouvances d’extrême droite (Action française, Fraternité Saint-Pie-X, Génération Identitaire) et les habitats alternatifs (SDF, squats, camions, gens du voyage). Il a par ailleurs réalisé une Petite Oeuvre Multimédia sur les deux dernières années de vie de son grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’un reportage au Rwanda sur les orphelins rescapés du génocide.

Intervention

Durant sa présentation, il évoquera son travail Génération Identitaire, pour lequel il a infiltré un groupe de jeunes d’extrême droite. Il racontera comment il a réussi à s’immiscer dans ce groupe qui se méfie des médias, il relatera les moments de prise de vue et exposera la stratégie de communication de ce groupe.

Photo Florent Marcie
© Florent Marcie

Florent Marcie

portrait: <strong>Florent Marcie</strong>

Il commence la photographie en décembre 1989, pendant la révolution roumaine. L'un de ses portraits du commandant Massoud a inspiré une série de timbres diffusés par les postes française et afghane. Florent Marcie collabore occasionnellement avec la presse écrite et les médias institutionnels. Il est membre de la Fondation WARM.

Intervention

Florent Marcie, réalisateur indépendant et autodidacte, viendra partager son expérience des terrains de guerre qu'il arpente depuis plus de vingt-cinq ans. Il présentera des extraits de ses films diffusés aussi bien au Museum of Modern Art de New York (Moma), qu'au cinéma ou à la télévision. Il évoquera également les conditions de tournage de son dernier film consacré à l'intelligence artificielle et au mouvement des Gilets Jaunes qui a remis en question la manière de travailler des médias institutionnels.